Autonomie, Autosuffisance Alimentaire : LE RIZ

Voici le Résumé de l’Atelier 3 du dimanche 08 mai 2020 (sa va être long, plus de 300 commentaires pris en compte)Les commentaires originaux d’où est extrait ce résumé est dans le groupe Facebook « KOZ – Collectif Citoyens – 974 – Alon Kozé » pour info.

0 / PRÉAMBULE :

Objectif : Etudier les possibilités d’une production de riz locale pour l’autosuffisance.

– Est ce que la production de riz est techniquement possible à la Réunion ?

– Est ce que cela est économiquement soutenable ?

* Evaluer les besoins*Evaluer les possibilités techniques

*Evaluer les coûts de productions

*Evaluer le marché internationale

*Evaluer le marché potentiel locale pour du riz produit localement

Voir les perspectives réelles de faisabilité.

1 / LES PARTICIPANTS  :

Aurore Rudy GigantCyrille VigneJulia HoaHoaFrédéric AmanyIsabelle PayetRoselyne PothinMarie KaWilliam SilotiaStep HaneSoubaya Luçay PermalnaickPapangue ZwazoPkp Maat;

Nous avons utilisé les contributions de l’Association Riz Réunion 🙏, celle d’un documentaire des années 1980 fournit par Isabelle Payet également et d’autres trouvés sur Internet.

Résumé publié le 22 mai 2020.

2 / LE BESOIN EN RIZ

Le type de riz que nous consommons à la Réunion est le riz long blanc, débarrassé de son germe.

Nous consommons 62 kg par habitants et par an soit un volume total de 50000 tonnes, intégralement importé.

Questions: Quelles surfaces seraient nécessaire pour satisfaire nos besoins : Quelles techniques ? Quels rendements ? Quelles conditions de culture ? Quelle quantité de semence ?

3 / LES DONNÉES TECHNIQUES :

Les données dont nous disposons :La biblio donne pour information que cette culture est relativement plastique à l’altitude (de 0 à 1200m) et chez nous pourrait se faire en pluviale. C’est à dire sur sol sec avec irrigation. Une variété est déjà présente sur le territoire depuis 1985 (DURADO). Et d’autres variétés non identifié existent aussi.

DONNÉES TRANSMISES PAR ROSELYNE POTHIN :

90 m² produit 30 kg de riz. 1 kg de semence donne 15 kg de récolte.1350 m² donne 450 kg en 4 mois (en 1 cycle donc).1 kg de semence se met sur 700 m². La semence coûte entre 29€ et 40 € le kg. Nous pouvons en déduire les rendements/ha sur 1 cycle : Rdt1 = 30×10000/90 = 3300 kg = 3,3 Tonnes => 2 cycles par an donc 6,6 Tonnes/an. Rdt2 = 450 x10000/1350 = 3300 kg = 3,3 Tonnes => 2 cycles par an donc 6,6 Tonnes/an1 kg de semence donne 15 kg. Donc, pour une récolte de 3300 kg il faudrait 222 kg de semence. La semence du deuxième cycle viendrait de la production du premier cycle.

DONNÉES DE L’ASSOCIATION RIZ RÉUNION :

Une production de 300 kg sur 500 m² nous donne un rendement/ha de 6 Tonnes par an. Ils disent 6 kg de semence pour 500 m² nous donne 120 kg pour 1 ha

LES DONNÉES DU DOCUMENTAIRE PARTAGÉE PAR ISABELLE PAYET :

80 gaulettes = 2000 m². 2000 m² donne 650 kg de riz soit un rendement/ha de 3250 kg ou 3,25 Tonnes x 2 cycles = 6,5 Tonnes. Pas d’information sur les quantités de semence. La Biblio et internet nous dit 6 Tonnes/an au Mali par exemple.

CONCLUSION :

Le rendements consensuel semble être de 6,5 Tonnes/ha en faisant 2 cycles par an. La donnée de quantité de semence par ha demande à être précisé car les exemples vont de 120 kg/ha/cycle à 222kg/ha/cycle.

4 / LES BESOINS EN SURFACE ET EN SEMENCE :

Les besoins de surface par an pour une production de 50000 tonnes en prenant en compte un rendement de 6,5 Tonnes /ha en moyenne : 50000 Tonnes x 1 ha / 6 Tonnes = 8333 ha. Nous pouvons diviser par 2 car nous pouvons faire 2 cycles par an, donc le besoin en surface est en réalité de 4166 ha, ajouté de la surface nécessaire pour produire la semence du deuxième cycle pour un objectif de 25000 Tonnes soit 2500 tonnes de semences. Avec les données d’Isabelle Pothin (222 kg de semence/ha) la surface supplémentaire nécessaire est de 416 ha supplémentaire. Au total, le besoin de surface est de 4582 ha, 2 fois par an pour une production annuelle de 50000 T. Le recensement des friches disponible donne :

  • SAFER : 6600 ha
  • CIREST : 3000 ha
  • Parc National : 5000 ha

La surface agricole actuelle en production est de SAU est de 42000 ha. En gros, sans toucher aux surfaces en culture actuelles, nous avons la réserve foncière pour la production de riz. Mais se pose la question de l’emprise juridique de ces terres et de leurs mises en irrigation si nécessaire, pour garantir les rendements. Une étude économique permettrait de savoir si elle peut être une voie de diversification pour les exploitations actuellement en place. Ce qui automatiquement pénaliserait les surfaces utilisées par d’autres filières … Et également si elle peut être une voie à explorer pour les nouvelles installations.

5 / LES POSSIBILITÉ TECHNIQUES :

En 2020, à l’heure d’internet et des échanges mondiaux, toutes les informations techniques sont disponible. La culture en pluviale n’est pas réputé difficile, mais il y a quelques points à bien négocier : L’enherbement en début de développement et la prédation des oiseaux à la fin du cycle au moment de la récolte.L’association Riz Réunion s’est équipée de filet d’une part et la plantation à grande échelle diluerait les attaques des oiseaux. Madagascar, grande productrice de riz, reconnu mondialement est géographiquement et culturellement à notre portée également. Un partenariat est envisageable.

6 / LES PARAMÈTRES ÉCONOMIQUES :

Faire du riz à la Réunion, est ce un non sens économique ou est ce une réelle possibilité économiquement intéressante pour tous les partis prenants ?

Le prix auquel le particulier achète son riz au supermarché : entre 1,50 € à 2.50 €. Le besoin par personne et par an : 62 kg. La fourchette du budget annuelle correspondant par personne : de 93 € à 155 €.

Le volume financier filière que cela représenterait : 50000 tonnes de riz produit et vendu à 2 € sur le territoire, créerait un Chiffre d’Affaire de 100 Millions d’euros, pour une occupation de surface annuelle de 4500 ha. A titre de comparaison, la Canne à Sucre occupe 24000 ha et génère un Chiffre d’Affaire de 144 Millions (dont 50 % viennent de subvention diverses dont 28 millions en suspense pour les années à venir dès 2021). Les fruits et légumes génèrent 160 millions sur environs 6000 ha.

Mais pouvons nous produire et vendre à un prix aux particuliers à 2 € du kg, qui garantie le revenu des producteurs ?, l’amortissement des investissements en matériels nécessaires ?

C’est à cette question que nous allons tenter de répondre : Nous nous appuierons au delà de l’atelier sur les visites de parcelles (déjà une de programmée) et sur les expertises et expériences de ce qui en font et en ont déjà fait (entretien avec nos anciens producteurs).

7 / POINT SPÉCIALE : LA SEMENCE

Comment s’en procurer ? à quelle coût ? Pour imaginer une production rapide du territoire, un volume de départ de 10 tonnes serait un bon chiffre, loin des 4000 tonnes nécessaires mais cela permettrait tout de même une bonne vision de la réalité d’une telle filière. Quel est le stock sur l’île ? Le prix au détail pour le particulier dans les magasins d’agrofournitures semble prohibitif ( exemple : 2.45 € les 20g soit 100 € le kg ou encore 3.40 € 14 g soit 242 € le kg) Acheter le riz complet en supermarché ? à 3 € du kg, sans visibilité sur l’origine et le type de semence … Pour une reproductibilité, il est nécessaire de se procurer des semences paysannes reproductible à l’identique. Rechercher les fournisseurs de semences professionnelles.Nous pouvons également nous rapprocher du CIRAD, implanté dans toutes les zones tropicales producteurs de riz (Asie, Madagascar, Afrique).

L’objectif pourrait être de reproduire la semence dans un premier temps. Qui finance ? Puisqu’il n’y aurait pas de vente mais juste du stock ? Ou peut être vente de semence ?

Faire un recensement de la ressource en semence dans l’Ile : Variété et Quantité.

La DORADO est déjà vérifié (150 kg sur l’île, appartenant à un privé et non accessible a la date de la rédaction de ce résumé). Etudier un approvisionnement sur Madagascar. Se renseigner sur le riz du Mali aussi.

Le frein approvisionnement en semence est cruciale à lever !

NB : La participation de la filière professionnel et des institutions permettraient peut être de lever ce frein sans trop de difficultés. Mais, ces acteurs sont ils mobilisable ?

8 / PERSPECTIVES :

En même temps que la promotion de la production et de la consommation du riz locale, il est nécessaire de prévoir un plan B qui pourrait même être un plan A, en attendant la mise en place de la filière riz, qui reste encore hypothétique pour le moment. Les freins ne manqueront pas de se manifester dans une telle démarche; Donc en attendant, comment amener une consommation globale de riz moindre et la remplacer dans notre cuisine par autre choses : La promotion de la diversification de notre alimentation avec nos anciennes racines au sens propre comme au figuré. Cela pourrait faire l’objet d’un prochain atelier.